Leçon 11.1 – La religion avant la colonisation

LA RELIGION AVANT LA COLONISATION

La leçon écrite

LA RELIGION AVANT LA COLONISATION

Te rahura’a o te ao mā’ohi e Ta’aroa La création du monde Polynésien par Ta’aroa 

 

Pendant une longue période Ta’aroa demeura dans sa coquille. Elle était ronde comme un œuf et tournait dans l’espace dans l’obscurité permanente.

Il n’y avait ni lune, ni soleil, ni terre, ni montagne, tout était à l’état de mélange. Il n’y avait ni homme, ni bête, ni volaille, ni chien, ni être vivant, ni mer, ni eau douce.

Mais à la fin Ta’aroa frappait sa coquille, alors qu’il était étroitement confiné et elle craqua et s’ouvrit. Puis il se glissa en-dehors, se tint sur la coquille et cria : « Qui est là-haut ? Qui est là en-dessous ?! » Personne ne répondit ! « Qui est là devant ? Qui est là derrière ? » Personne ne répondit. Seul l’écho de sa propre voix résonnait et rien d’autre !…

Alors Ta’aroa dit, « Ô roc rampe vers moi ». Mais il n’y avait pas de roc pour ramper vers lui. Et il dit « Ô sable, rampe vers moi ». Mais il n’y avait pas de sable pour ramper vers lui. Il fut vexé de ce qu’on ne lui obéissait pas.

Il renversa alors sa coquille et la souleva pour en faire un dôme pour le ciel et l’appela Rumia. Et il devint las et au bout d’un certain temps il se glissa hors d’une autre coquille qui le couvrait et qu’il utilisa pour le roc et le sable. 

Mais sa colère n’était pas encore apaisée et il prit son épine dorsale pour une chaîne de montagnes, ses côtes pour les flancs de montagnes, ses viscères, pour les grands nuages qui flottent, sa chair pour la richesse de la terre, ses bras et ses jambes pour la force de la terre, ses ongles de mains et de pieds pour les écailles et carapaces de poissons, ses plumes pour les arbres, les buissons, et les plantes grimpantes pour vêtir la terre, et ses intestins pour les langoustes, les chevrettes et anguilles pour les rivières et les mers, et le sang de Ta’aroa s’échauffa et s’en fut rougir le ciel et les arcs-en-ciel.

Mais la tête de Ta’aroa resta sacrée pour lui, et il continua à vivre avec la même tête sur un corps indestructible. Il était le maître de toutes choses. Il y avait l’expansion et il y avait la croissance.

Ta’aroa créa les Dieux mais ce fut beaucoup plus tard que l’homme fut créé, lorsque Tu était avec lui.

De même que Ta’aroa avait des carapaces, c’est-à-dire des coquilles, tout a une coquille.

Le ciel est une coquille, c’est-à-dire un espace sans limites dans lequel les Dieux placèrent le soleil, la lune, les Sporades et les constellations des Dieux.

La terre est une coquille pour les pierres, l’eau, les plantes qui en Jaillissent.

La coquille de l’homme est la femme, car c’est par elle qu’il entre dans le monde, et la coquille de la femme est la femme car elle naît de la femme.

On ne peut énumérer les coquilles de toutes les choses que ce monde produit.

(cf. TAHITI aux temps anciens de Teuira Henry p. 343)

 

 

Les principaux dieux PolynésiensTe mau atua rahi nō Pōrīnetia

 

Contrairement à aujourd’hui, les polynésiens auparavant étaient polythéistes et chaque dieu était vénéré pour une activité bien spécifique comme la pêche, la culture ou bien même le temps. 

Les principaux dieux : 

TāneLe dieu de la nature

HinaLa déesse de la lune

HiroLe dieu des voleurs, des navigateurs et des marchands

Ta’aroaLe dieu créateur

MauiLe dieu qui fait naître les îles et ralentir le soleil

’OroLe dieu de la guerre

RuahatuLe dieu de la mer

Le dieu soleil

Hine-nui-te-pō : La déesse de la nuit, de la mort qui règne sur l’au-delà

Te mau marae : Les plateformes de culte

Te marae TaputapuāteaRaiatea

Te marae UpekeHiva Oa

Te marae ArahurahuTahiti

Te marae ManunuHuahine

Te marae MahaiateaPapara

Te marae VaiahuMaupiti

Te marae VaiotahaBora bora

Te marae AuroaTahaa

Te marae TonohaeRimatara

Te marae Ti’i-RuaMoorea

Te marae ApatakiFakahina

Te marae Te KehikaMangareva

Les responsables selon la religion

Selon l’organisation polynésienne ancienne, les différents responsables portaient des noms bien spécifiques dont voici quelques exemples:

Te mau arioi La confrérie des baladins : 

(Pour plus d’informations, consulter le lien suivant : https://books.openedition.org/sdo/1414?lang=fr)

C’était des lettrés et des acteurs de grand talent choisis dans toutes les classes et tenus en haute estime par tous.

Leurs cérémonies prenaient leur origine dans des mystères attribués au Dieu Oro auquel ils donnaient le titre particulier de Oro-i-te-tea-moe (Oro à la lance déposée), dont l’emblème était un triangle formé par trois lances et signifiant que dans ce temps-là Oro était un Dieu de paix. 

Les arioi se déplaçaient d’une île à l’autre avec des flottilles de pirogues aussi somptueuses que celles de la royauté. On aura une idée de l’ampleur de ces expéditions dans la description, par le capitaine Cook, d’une flottille de soixante-dix pirogues, remplies d’arioi partant de Huahine et des immenses maisons mesurant de cinquante-cinq à quatre-vingt-dix mètres de longueur, construites dans toutes les îles pour les recevoir. 

Ces maisons construites par les populations s’appelaient fare-arioi (maison des comédiens) et aussi fare-manihini (maison des invités) car elles étaient ouvertes aux visiteurs de marque.

Ellis déclare que cette secte n’était pas répandue dans tout le Pacifique ; on n’en trouve pas trace aux Marquises ni aux Hawaii, mais il ajoute que des missionnaires jésuites découvrirent une institution similaire — appelée uritoy — parmi les habitants des Carolines et des Mariannes. Ce nom a très probablement la même racine que arioi.

Le roi Tamatoa Ier, incarnation d’Oro, fut le premier arioi sur cette terre et créa la première secte d’arioi à Te-pori-a-tai (Plénitude de la mer), localité se trouvant près de sa résidence d’Opoa.

L’ensemble de la secte des arioi pour toutes les îles s’appelait Tepapa-nüi-arioi (le grand roc des arioi). Seules les personnes bien développées d’un aspect agréable et qualifiées de feia purotu (personnes gracieuses) étaient admises dans la secte, dans laquelle les deux sexes jouissaient du même rang et des mêmes privilèges.

Te mau tūtae ’āuriLes “excréments desséchés” : 

Les déçus du protectorat anglais, protectorat qui affiche ouvertement une législation « à deux vitesses » – une à destination des classes privilégiées et une autre pour le peuple –, ces déçus, des jeunes pour la plupart, se réfugient alors dans les vallées intérieures où ils se livrent aux excès des tiurai [fêtes, « bringues »] d’autrefois, à la danse en particulier et à des évocations nostalgiques du Tahiti d’avant. 

Ils sont taxés durement, par le puritanisme anglais d’« excréments desséchés » : c’est la traduction de l’épithète tutae ’auri qui leur est attribuée. 

Les tiurai ressuscitent les danses et les jeux agonistiques du passé et deviennent un divertissement érotique de la cour et des couches dirigeantes de l’aristocratie anglicane, comme au « bon vieux temps » des premiers circumnavigateurs, alors que c’est désormais rigoureusement interdit !

Te mau mamaïa Les mamaïas :

Selon “L’histoire de la Mamaia ou hérésie visionnaire de Tahiti (1826-1841)” écrite en 1960 par Niel Gunson, maître de conférence d’Histoire à l’Université de Queensland (cf. Bulletin de la Société d’études océaniennes n°143-144), “les Mamaia étaient avant tout de véritables convertis au christianisme”. 

Pour John Mairai, “il n’y a pas eu de retour en arrière. Les Mamaia n’étaient pas polythéistes dans le sens usuel du terme, à savoir des païens adeptes de nombreux dieux. C’était plus un mouvement syncrétique où Jéhovah, Jésus, Marie et les autres saints côtoyaient certaines déités tahitiennes. Deux diacres protestants tahitiens en sont à l’origine : Teao et Hue.

Le succès des Mamaia a été rapide et a touché l’ensemble de l’archipel de la Société en deux ou trois ans. Même la Reine Pomare IV, qui n’avait que 14 ans en 1827, était une adepte plutôt des Mamaia que des Tutae-’auri, et c’est sous la menace de sa destitution par les chefs tahitiens que la Souveraine de Tahiti a cessé de soutenir le mouvement quelques années plus tard. 

Le mouvement mamaia n’aura duré officiellement que six ans.”

Vocabulaire lié à la religion :

’Anotau : Époque

Atua : Divinité

Fa’aro’o : Religion

Feiā fa’aro’o : Croyant

Ha’apa’ora’a : Culte

Ha’api’ira’a : Enseignement

Hīmene : Chant

Hīro’a : Culture

Marae : Plateforme de pierres servant au culte

Nūna’a : Peuple

Mo’a : Sacré

Ō : Offrande

’Ōrero : Discours

’Ōpure : Fidèle

Peu tumu : Tradition

Pure : Prier, prière

Poro’i : Message

Tahu’a : Spécialiste

Tapu : Interdit

Ti’aturira’a : Croyance, foi

To’o : Morceau de bois représentant un idole

Ture : Loi, règle

Urura’a : Possession (être) 

Varua, vaerua : Esprit

Quelques phrases faciles d’utilisation – Te tahi mau ’īrava ’ōhie i te fa’a’ohipa

 

’Ia patuhia te hō’ē marae ’āpī, e tapuhia te tā’āto’ara’a o te mata’eina’a.

Lorsqu’une nouvelle plateforme de culte est bâtie, un interdit est proclamé dans tout le village.

E rere te vārua i Rohotu no’ano’a ’ia mate te ta’ata mā’ohi.

Lors d’un décès, l’âme d’un polynésien s’envole vers Rohotu No’ano’a.

E rave rahi fa’aro’o i Pōrīnetia nei : porotetani, tatorita, penetetōte ’e tē vai atu ra.

Il y a de nombreuses confessions religieuses en Polynésie : Protestante, catholique, pentecôtiste et plus encore.

E mea mo’a te mau fare pure.

Les lieux de culte sont sacrés

’A hīmene ana’e, ’a ’oa’oa ana’e.

Chantons, soyons heureux.

’Eiaha e mo’ehia i te pure i te atua i te mau mahana ato’a.

Il ne faut pas oublier de prier Dieu au quotidien.